Levez les yeux vers le sommet des piliers : ces quatre oiseaux de bronze aux ailes déployées sont des turul, l'oiseau mythique des anciens Magyars. Pour comprendre pourquoi ils trônent sur ce pont, il faut remonter à une légende.

1Le rêve d'Emese

Les chroniques hongroises médiévales, comme celle d'Anonymus et la Chronique enluminée, racontent qu'Emese, une princesse des steppes, rêva qu'un turul descendait sur elle et que de son ventre jaillissait un torrent qui se répandait sur des terres lointaines. On y vit l'annonce que son fils, Álmos, fonderait une lignée de rois. Son petit-fils Árpád conduisit l'arrivée des Magyars dans le bassin des Carpates. Le turul devint ainsi l'oiseau protecteur de la nation.

2Le pont du millénaire

Le pont fut conçu par János Feketeházy et construit de 1894 à 1896, pour le millénaire. Il fut inauguré le 4 octobre 1896 sous le nom de pont François-Joseph, et l'empereur-roi en personne enfonça au marteau le dernier rivet, en argent, côté Pest. Il mesure 333 mètres : c'est le plus court des ponts du centre.

En janvier 1945, les troupes allemandes en retraite le firent sauter. Il fut le premier reconstruit et rouvrit en 1946 sous son nom actuel : pont de la Liberté.

Un oiseau de légende veille sur un pont de fer : c'est ainsi que la Hongrie fêta ses mille ans.

3Ce qu'il faut observer

  • Les quatre turul de bronze au sommet des piliers.
  • Les armoiries de la Hongrie et les couronnes au sommet des structures.
  • La Halle centrale, au bout du pont côté Pest : l'endroit idéal pour terminer le parcours.

Documenté

La construction de 1894 à 1896 sur le projet de Feketeházy, l'inauguration du 4 octobre 1896 avec François-Joseph, le dynamitage de 1945 et la réouverture de 1946 sont documentés.

Tradition orale

Le rêve d'Emese et le turul sont un récit mythique transmis par les chroniques médiévales, non un fait historique.

Sources et crédits

Péter Buza, « Bridges of the Danube », collection Our Budapest (1999) ; Archives nationales de Hongrie (mnl.gov.hu), chronique de l'inauguration de 1896 ; Anonymus, « Gesta Hungarorum », chapitre sur Emese et Álmos.

Photographies:

  • Le pont de la Liberté, vert, au-dessus du Danube avec Pest en arrière-plan: kallerna, CC BY-SA 4.0.

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