Devant vous se dresse le sanctuaire de la dévotion la plus massive du Pérou : le Seigneur des Miracles. Son origine est une humble peinture sur un mur de terre.

1Un mur à Pachacamilla

Au milieu du XVIIe siècle, c'était le quartier de Pachacamilla, où vivaient des Indiens et des Africains réduits en esclavage. Vers 1651, un homme d'origine angolaise peignit sur un mur d'adobe l'image du Christ en croix. La tradition l'appelle Pedro Dalcón, mais son identité n'est pas documentée.

Le 13 novembre 1655, un violent séisme secoua Lima et le Callao. De nombreux murs s'effondrèrent ; celui de la peinture resta debout. La dévotion grandit tant qu'en 1671 les autorités ecclésiastiques ordonnèrent d'effacer l'image. Selon les récits de l'époque, les hommes chargés de le faire n'osèrent pas, et l'ordre fut révoqué.

2De 1687 à nos jours

Le 20 octobre 1687, un autre séisme abattit la chapelle, mais le mur résista de nouveau. On réalisa alors une copie à l'huile, qui sortit pour la première fois en procession. Après le grand tremblement de terre de 1746 fut bâtie cette église, inaugurée en 1771, et les religieuses nazaréennes reçurent la garde de l'image.

Que le mur ait survécu aux séismes est documenté ; qu'il l'ait fait par miracle relève de la foi. Voilà pourquoi, à Lima, octobre est le « mois violet ».

3À observer

  • La façade baroque, avec son clocher sur le côté.
  • Les vendeurs de turrón de Doña Pepa, la douceur associée à cette dévotion.
  • L'habit violet que portent de nombreux Liméniens si vous venez en octobre.

Documenté

L'image fut peinte vers 1651 sur un mur de Pachacamilla qui résista aux séismes de 1655 et 1687 ; l'église actuelle fut inaugurée en 1771.

Tradition orale

Le nom du peintre et le caractère miraculeux de la survie du mur relèvent de la tradition et de la foi, non des archives.

Sources et crédits

Confrérie du Seigneur des Miracles de Nazarenas ; Rubén Vargas Ugarte, « Historia del Santo Cristo de los Milagros » (1949) ; María Rostworowski, « Pachacamac y el Señor de los Milagros » (1992).

Photographies:

  • Façade baroque et clocher de l'église des Nazarenas, avenue Tacna: Pilar, CC BY-SA 4.0.

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