Regardez cette maison blanche au balcon vert. Elle paraît bien modeste pour avoir changé l'histoire d'un pays, et pourtant c'est dans l'une de ses boutiques que tout commença, le 20 juillet 1810.

1Une querelle bien répétée

La maison fut construite à la fin du XVIe siècle pour le maréchal Hernán Venegas Carrillo. En 1810, son rez-de-chaussée abritait des commerces, dont celui de l'Espagnol José González Llorente. C'était un vendredi, jour de marché, et la place grouillait de monde.

La veille, un groupe de créoles avait arrêté son plan. Ils demanderaient à Llorente de leur prêter un vase, ou n'importe quel ornement, pour un banquet en l'honneur du commissaire royal Antonio Villavicencio, en comptant bien sur son refus. Peu avant midi, Luis de Rubio, les frères Morales et Pantaleón Santamaría entrèrent dans la boutique. Llorente refusa, les insultes fusèrent et quelqu'un sortit crier que l'Espagnol avait offensé tous les Américains. La foule du marché fit le reste.

Le vase n'était qu'un prétexte. Le but était de forcer le vice-roi à accepter une junte de gouvernement, et l'acte du conseil municipal extraordinaire fut rédigé le soir même.

Le vice-roi Antonio Amar y Borbón fut écarté du pouvoir quelques jours plus tard. Llorente, lui, resta plusieurs mois détenu.

2De la boutique au musée

La maison survécut au Bogotazo de 1948, car ses propriétaires la défendirent contre l'émeute. En 1960, pour les 150 ans du « Cri », on y inaugura le musée du 20-Juillet, aujourd'hui musée de l'Indépendance. On y expose ce qui passe pour le socle du célèbre vase.

3À observer

  • Le balcon d'angle, d'où l'on suivait marchés, corridas et proclamations.
  • Les portes du rez-de-chaussée : là se trouvaient les boutiques, comme celle de Llorente.
  • Le soubassement de pierre et les murs chaulés, image typique de la maison de Santafé.

Documenté

Le 20 juillet 1810, une altercation préparée à l'avance dans la boutique de José González Llorente déclencha la formation de la junte de Santafé.

Sources et crédits

Museo de la Independencia – Casa del Florero, ministère colombien des Cultures, des Arts et des Savoirs ; Guillermo Hernández de Alba, « Crónica de la fundación de la Casa-Museo del 20 de Julio de 1810 », Boletín de Historia y Antigüedades (1986) ; Instituto Colombiano de Cultura, « Revolución del 20 de julio de 1810 » (1996).

Photographies:

  • Casa del Florero, maison coloniale blanche au balcon d'angle vert: Baiji, CC BY-SA 4.0.

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