Devant vous se dresse la mosquée du sultan Ahmed, que le monde entier connaît sous le nom de Mosquée bleue. Observez comment les coupoles s'étagent les unes au-dessus des autres jusqu'à la grande coupole centrale : c'est le grand effet théâtral de l'architecture ottomane classique.

1L'obstination d'un jeune sultan

Ahmed Ier monta sur le trône à treize ans à peine. Les guerres contre l'Autriche et la Perse n'avaient pas apporté de grandes victoires, et il voulut laisser sa marque avec une mosquée capable de rivaliser avec Sainte-Sophie, juste en face. Les travaux commencèrent en 1609 sous la direction de l'architecte Sedefkâr Mehmed Ağa, issu de l'école de Sinan, et s'achevèrent vers 1617. Le sultan mourut cette même année, à vingt-sept ans ; il repose dans le mausolée en bordure de la place.

2Six minarets

Une mosquée impériale en comptait habituellement quatre. Six, c'était exceptionnel.

Selon une histoire populaire, le sultan aurait demandé des minarets en or, « altın », et l'architecte aurait compris « altı », six ; l'anecdote est apocryphe, mais on la répète depuis des siècles.

3Pourquoi bleue ?

Le nom vient de l'intérieur : plus de vingt mille carreaux d'İznik, ornés de tulipes, d'œillets et de cyprès, et un décor peint aux tons bleus. Quelque deux cent soixante fenêtres inondent la salle de lumière. C'est toujours une mosquée en activité : on la visite en dehors des heures de prière et dans une tenue appropriée.

4Ce qu'il faut observer

  • La chaîne de fer de la porte de l'Hippodrome : elle obligeait le sultan, qui entrait à cheval, à baisser la tête.
  • Les coupoles en cascade, vues depuis le centre de la cour.
  • Les balcons des minarets, d'où l'on appelait à la prière.

Documenté

La mosquée fut construite entre 1609 et 1617 environ sur ordre d'Ahmed Ier, d'après les plans de Sedefkâr Mehmed Ağa ; elle compte six minarets et plus de vingt mille carreaux d'İznik.

Tradition orale

La confusion entre « altın » (en or) et « altı » (six) pour expliquer les six minarets est une anecdote populaire sans fondement documentaire.

Sources et crédits

Godfrey Goodwin, « A History of Ottoman Architecture » (1971) ; Présidence des Affaires religieuses de Turquie (Diyanet), informations sur la mosquée Sultanahmet ; ministère turc de la Culture et du Tourisme, portail Go Türkiye.

Photographies:

  • La Mosquée bleue, ses coupoles en cascade et ses six minarets: Moonik, CC BY-SA 3.0.

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