Voici Sainte-Sophie. Vous connaissez déjà son histoire officielle ; place maintenant à l'autre, celle qui s'est transmise de bouche à oreille pendant des siècles et a fait de cet édifice un lieu de prodiges.

1La colonne qui transpire

À l'intérieur, près de l'entrée nord-ouest, se trouve une colonne gainée de plaques de bronze percées d'un trou en leur centre. On l'appelle la colonne qui transpire, qui pleure, ou la colonne des vœux. Les visiteurs glissent le pouce dans le trou et tentent de faire tourner leur main d'un tour complet.

Selon la tradition, la colonne est humide depuis que saint Grégoire le Thaumaturge apparut à ses côtés, et son humidité guérit les maladies ; d'autres récits racontent que Justinien y soigna un mal de tête.

L'explication prosaïque, c'est que la pierre poreuse absorbe l'humidité. Mais la coutume est si ancienne que le bronze est usé par des millions de mains.

2Le prêtre du mur

La légende la plus célèbre est née le 29 mai 1453. Tandis que les troupes ottomanes entraient dans la ville, on célébrait la liturgie dans la basilique. Selon la tradition grecque, lorsque les soldats firent irruption, le prêtre prit le calice, s'approcha d'un mur, et celui-ci s'ouvrit pour le cacher.

La légende dit qu'il en ressortira pour achever la messe interrompue le jour où la ville redeviendra chrétienne. C'est un récit de consolation pour un peuple vaincu, non un fait historique, mais on le raconte depuis plus de cinq siècles.

3Ce qu'il faut observer

  • La porte du côté ouest : la colonne qui transpire se trouve tout près, sur la gauche en entrant.
  • La coupole, que les Byzantins décrivaient comme suspendue au ciel.
  • Les murs de brique et de pierre, où la légende place la porte secrète.

Documenté

La colonne gainée de bronze existe et fait l'objet d'une coutume populaire très ancienne ; la prise de la ville le 29 mai 1453 est un fait historique.

Tradition orale

Les guérisons de la colonne, l'apparition de saint Grégoire et le prêtre caché dans le mur relèvent de la tradition populaire, non de l'histoire documentée.

Sources et crédits

Gilbert Dagron, « Constantinople imaginaire : études sur le recueil des Patria » (1984) ; Steven Runciman, « The Fall of Constantinople 1453 » (1965) ; Présidence des Affaires religieuses de Turquie (Diyanet), informations sur la mosquée Ayasofya-i Kebir.

Photographies:

  • Sainte-Sophie, sa grande coupole, ses contreforts et ses quatre minarets: Arild Vågen, CC BY-SA 3.0.

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