Levez les yeux vers la pointe du minaret. Au-dessus du lanternon, un mât porte trois sphères brillantes de taille décroissante ; la plus grande mesure environ deux mètres de diamètre. Elles sont en cuivre, mais on répète à Marrakech depuis des siècles qu'elles seraient en or pur.

1La sultane qui rompit le jeûne

Selon la version la plus populaire, il n'y avait d'abord que trois boules, et l'épouse du calife Yaqub al-Mansur aurait fait fondre ses bijoux pour en ajouter une, en pénitence pour avoir rompu le jeûne du Ramadan pendant quelques heures. D'autres versions parlent de djinns gardant le trésor ou de voleurs punis pour avoir tenté de s'en emparer. Les historiens notent en outre que la légende se racontait d'abord à propos de la mosquée de la Kasbah, au couronnement semblable.

2Une mosquée mal orientée

Ici, en revanche, il y a un fait curieux. Les Almohades accusèrent les Almoravides d'avoir mal orienté leurs mosquées vers La Mecque et en détruisirent plusieurs. Or l'orientation de la Koutoubia elle-même ne correspond pas non plus à la direction réelle de La Mecque. Les bases de piliers que vous voyez au nord-ouest appartiennent à la première mosquée, élevée en 1147 et remplacée peu après.

3La femme colombe

Sur l'esplanade se trouve une coupole blanche : le tombeau de Lalla Zohra, une femme pieuse morte au début du XVIIe siècle. La tradition raconte qu'elle était femme le jour et se changeait en colombe la nuit.

4Ce qu'il faut observer

  • Les trois boules du couronnement.
  • La coupole blanche de Lalla Zohra, solitaire sur l'esplanade.
  • Les bases de la première mosquée, au nord-ouest.
Bases des piliers de la première Koutoubia au pied du minaret
Les bases des piliers de la première mosquée, fouillées à partir de 1923.

Documenté

Les boules sont en cuivre doré, la première mosquée a été élevée en 1147 et le tombeau de l'esplanade est celui de Fatima Zohra, morte au début du XVIIe siècle.

Tradition orale

L'or des boules, la pénitence de l'épouse de Yaqub al-Mansur et la métamorphose de Lalla Zohra en colombe relèvent de la tradition populaire.

Sources et crédits

Jonathan M. Bloom, «Architecture of the Islamic West» (Yale University Press, 2020) ; Gaston Deverdun, «Marrakech des origines à 1912» (1959) ; Edward Westermarck, «Ritual and Belief in Morocco» (1926).

Photographies:

  • Minaret en pierre de la mosquée Koutoubia entre les arbres: Marcin Sochacki (Wanted), CC BY-SA 4.0.
  • Bases des piliers de la première Koutoubia au pied du minaret: Robert Prazeres, CC BY-SA 4.0.

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