Levez les yeux et suivez cette colonne jusqu'à son sommet. Elle est faite de tambours de porphyre, la pierre pourpre réservée aux empereurs, et des cercles de fer la tiennent comme un tonneau. On l'appelle la colonne brûlée, et c'est l'un des monuments les plus riches en légendes de la ville.
1L'empereur en soleil
Constantin l'inaugura en 330, l'année même où il consacra la ville comme nouvelle capitale. Elle se dressait au centre d'un forum circulaire. Au sommet trônait une statue de bronze de l'empereur, coiffé d'une couronne de rayons solaires, à la manière d'Apollon ou d'Hélios. Avec la statue, le monument approchait les cinquante mètres.
2Des reliques sous vos pieds
Les chroniqueurs byzantins affirment que la base abritait un petit sanctuaire renfermant des objets d'une immense valeur symbolique.
Selon la tradition, on y gardait des morceaux des croix des deux larrons, les corbeilles de la multiplication des pains et même le Palladium, la statue protectrice qu'Énée aurait rapportée de Troie à Rome.
C'était une façon de dire que Constantinople héritait de la protection de Rome. On n'a jamais fouillé la base pour le vérifier.
3Le vent, le feu et le fer
En 1106, une tempête abattit la statue et trois tambours. Les Ottomans posèrent les cercles vers 1515, d'où son nom turc, Çemberlitaş, « la pierre cerclée ». Un incendie en 1779 la noircit et lui valut son surnom de « brûlée ».
4Ce qu'il faut observer
- Les cercles métalliques, qui masquent les joints entre les tambours.
- Les traces sombres de l'incendie de 1779.
- La base maçonnée, renforcée à l'époque ottomane.
Documenté
Constantin inaugura la colonne en 330 ; la statue tomba en 1106, les cercles furent posés vers 1515 et un incendie la noircit en 1779.
Tradition orale
La présence du Palladium et de reliques chrétiennes dans un sanctuaire de la base provient de sources byzantines tardives et n'a jamais été vérifiée.
Sources et crédits
Cyril Mango, « Constantine's Porphyry Column and the Chapel of St Constantine » (1981) ; Sarah Bassett, « The Urban Image of Late Antique Constantinople » (2004) ; ministère turc de la Culture et du Tourisme, fiche de Çemberlitaş.
Photographies:
- La colonne de Constantin, en porphyre sombre cerclé d'anneaux métalliques: Dmitry A. Mottl, CC BY-SA 4.0.
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