Devant vous se trouve l’une des neuf portes extérieures du Jardin impérial de Kyoto. Son nom officiel est Shinzaike-gomon, mais tout le monde l’appelle Hamaguri-gomon, « la porte de la palourde ».
1Une palourde dans le feu
Selon l’explication traditionnelle, cette porte restait toujours fermée et ne s’ouvrit que lors d’un grand incendie, comme une palourde qui s’ouvre sous l’effet de la chaleur. Les sources ne s’accordent pas sur l’incendie en question : on évoque celui de 1708, le grand feu de 1788, voire un plus ancien.
2La bataille de la porte
Ce qui est bien documenté, en revanche, c’est ce qui se passa le 20 août 1864. Les samouraïs du domaine de Chōshū, chassés de Kyoto l’année précédente, tentèrent de reprendre par la force leur influence sur la cour. Ils se heurtèrent ici aux troupes d’Aizu et de Satsuma, qui défendaient le palais. Chōshū fut battu, mais les combats déclenchèrent un incendie qui ravagea une grande partie de la ville pendant plusieurs jours : les habitants l’appelèrent le « feu qui fait dondon », d’après le fracas des canons.
Cet affrontement, connu comme l’incident de Kinmon ou de la Hamaguri-gomon, fit de Chōshū un ennemi déclaré du shogunat. Quelques années plus tard, Chōshū et Satsuma s’allièrent et le renversèrent.
La porte n’est pas exactement là où elle se trouvait en 1864 : lors du réaménagement du parc, entre 1877 et 1883, elle fut déplacée d’une trentaine de mètres.
3Ce qu’il faut observer
- Les traces de balles sur les piliers et les poutres, attribuées à la bataille de 1864.
- Les rivets de fer en forme de dôme des battants.
- Le panneau explicatif, qui résume l’incident.

Documenté
Le 20 août 1864, on se battit devant cette porte lors de l’incident de Kinmon, et la porte fut déplacée lors du réaménagement du Jardin impérial (1877-1883).
Tradition orale
L’origine du surnom, une porte fermée qui ne se serait ouverte qu’avec la chaleur d’un incendie, relève de l’explication traditionnelle, et l’on ignore de quel incendie il s’agit.
Sources et crédits
Ministère de l’Environnement du Japon, Jardin national Kyōto Gyoen ; Marius B. Jansen, « The Making of Modern Japan » (2000) ; Conrad Totman, « The Collapse of the Tokugawa Bakufu, 1862-1868 » (1980).
Photographies:
- La porte Hamaguri-gomon, en bois sombre coiffé de tuiles, dans le Jardin impérial: Saigen Jiro, CC0.
- Détail d’un pilier de la Hamaguri-gomon avec des rivets de fer et des marques dans le bois: Takuan~jawiki, CC BY-SA 3.0.
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