Regardez la longue façade de tezontle et de pierre qui occupe presque toute la rue : c'est l'ancien collège de San Ildefonso, où s'est formée une bonne partie de l'élite intellectuelle du Mexique et où, dans les années 1920, est né le muralisme mexicain.
1Du collège jésuite à l'École préparatoire
Les jésuites fondèrent le collège en 1588 comme résidence pour étudiants. Le bâtiment que vous voyez est le fruit d'une grande reconstruction du XVIIIe siècle, qui lui a donné cette façade sobre et monumentale. En 1767, Charles III expulsa la Compagnie de Jésus de tous ses domaines, et le collège connut plusieurs usages, y compris celui de caserne. En 1868, après le triomphe de la République, l'École nationale préparatoire s'y installa sous la direction de Gabino Barreda, qui en fit le laboratoire de l'enseignement laïque du pays.
2Les murs qui ont parlé
Au début des années 1920, le ministre de l'Éducation José Vasconcelos voulut que les murs publics racontent l'histoire du Mexique à ceux qui ne savaient pas lire. San Ildefonso fut l'une des premières toiles. Diego Rivera y peignit en 1922 et 1923 « La Création » dans l'amphithéâtre Bolívar, et José Clemente Orozco couvrit entre 1923 et 1926 les murs du grand patio de scènes de la Révolution, comme « La Tranchée ». David Alfaro Siqueiros, Fernando Leal et Jean Charlot y travaillèrent aussi.
Ici, la peinture est sortie des salons pour raconter l'histoire sur les murs.
Depuis 1992, le bâtiment est un musée rattaché à l'UNAM, qui accueille des expositions temporaires de premier plan.
3Ce qu'il faut observer
- Le portail principal, en pierre sculptée, rue Justo Sierra.
- Le contraste entre le tezontle rougeâtre des murs et la pierre grise des encadrements.
- Les grilles des fenêtres, qui rythment la façade.
Documenté
Le collège a été fondé par les jésuites en 1588, a accueilli l'École nationale préparatoire à partir de 1868, et ses murs ont été peints par Rivera, Orozco et Siqueiros entre 1922 et 1926.
Sources et crédits
Antiguo Colegio de San Ildefonso (site officiel du musée, UNAM) ; Instituto Nacional de Bellas Artes y Literatura, fiches sur le muralisme ; Antonio Rodríguez, « El hombre en llamas : historia de la pintura mural en México » (1970).
Photographies:
- Façade de tezontle et de pierre de l'ancien collège de San Ildefonso, rue Justo Sierra: Juan Carlos Fonseca Mata, CC BY-SA 4.0.
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