Le paradoxe de cette place saute aux yeux : elle s'appelle Tiradentes, mais le cavalier du centre est l'empereur Pierre Ier. Ce sont deux chapitres différents d'une même histoire, celle de l'indépendance.
1Une place aux mille noms
Elle naît au XVIIe siècle sous le nom de Rossio Grande, en souvenir du Rossio de Lisbonne. Elle devient ensuite le Campo dos Ciganos, à cause des tentes de Gitans, puis le Campo da Lampadosa, du nom d'une église voisine. En 1821, le prince Pierre jure la Constitution portugaise au balcon du théâtre voisin et la place prend le nom de la Constituição. En 1890, sous la République, elle reçoit celui de Tiradentes, exécuté en 1792 non loin d'ici ; on situe généralement la potence près de l'actuelle Avenida Passos.
2Le premier grand monument
La statue équestre de Pierre Ier fut inaugurée le 30 mars 1862 à l'initiative de son fils, Pierre II. Elle fut conçue par le Brésilien João Maximiano Mafra et fondue à Paris par le Français Louis Rochet. L'empereur brandit la Constitution de 1824 ; en contrebas, des groupes d'Indiens et d'animaux figurent l'Amazone, le Paraná, le São Francisco et le Madeira.
À l'inauguration, 600 musiciens dirigés par Francisco Manuel da Silva jouèrent l'hymne de l'Indépendance, composé par Pierre Ier lui-même.
3À observer
- Les figures indigènes du piédestal, avec caïman, tapir et tamanoir.
- L'inscription « A D. Pedro Primeiro, gratidão dos brasileiros ».
- Les théâtres alentour, souvenir du temps où c'était la place des nuits de Rio.
Documenté
La statue équestre de Pierre Ier fut inaugurée le 30 mars 1862 et la place prit le nom de Tiradentes en 1890.
Tradition orale
L'emplacement exact de la potence de Tiradentes n'est pas établi avec certitude ; on le situe généralement près de l'actuelle Avenida Passos.
Sources et crédits
IPHAN, dossier de classement de la statue équestre de D. Pedro I ; Wikipédia en portugais, « Praça Tiradentes (Rio de Janeiro) » ; Brasil Gerson, História das ruas do Rio (Lacerda Editores).
Photographies:
- Statue équestre de Pierre Ier sur la Praça Tiradentes: Estela Neto, CC BY-SA 4.0.
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