Devant vous se trouve le plus important temple hokkien de Singapour. Bien qu'entouré aujourd'hui de bureaux, il se trouvait au bord même de la mer lors de sa fondation.

1Merci d'être arrivés vivants

Vers 1821, il y avait ici un petit autel près de la plage. Les marins et immigrés arrivés de Chine, après des semaines sur des jonques exposées aux typhons, venaient rendre grâce d'avoir survécu. Entre 1839 et 1842, la communauté éleva le temple actuel, grâce surtout au don du philanthrope Tan Tock Seng. Il coûta trente mille dollars espagnols. Une partie des matériaux arriva dans les cales comme lest, et la statue de la déesse fut apportée de Chine.

À partir des années 1880, la mer fut peu à peu remblayée et le rivage s'éloigna. Voilà pourquoi le temple se trouve aujourd'hui loin de l'eau.

2La déesse qui apaise les tempêtes

La divinité principale est Mazu, protectrice des navigateurs.

La tradition raconte qu'elle était une jeune fille de l'île de Meizhou, au Fujian, qui au Xe siècle sauvait en rêve les marins du naufrage et qui, après sa mort, continua d'apparaître dans les tempêtes.

En 1906, on ajouta des détails occidentaux, comme une grille en fer forgé à Glasgow. Il est monument national depuis 1973.

3Une rue de toutes les fois

Dans cette même rue, quelques pas plus loin, les musulmans chulia du sud de l'Inde élevèrent entre 1828 et 1830 le sanctuaire de Nagore Dargah, en l'honneur d'un saint soufi lui aussi vénéré par les marins.

4Ce qu'il faut observer

  • Les dragons et figurines de céramique sur les toits.
  • Les lions de pierre de part et d'autre de la porte.
  • Le Nagore Dargah à la façade rosée et au minaret élancé, à l'angle de Boon Tat Street.
L'ancien Nagore Dargah, à la façade rosée et au minaret élancé
Le sanctuaire des musulmans chulia, dans la même rue que Thian Hock Keng.

Documenté

Le temple fut construit entre 1839 et 1842 à la place d'un autel plus ancien, face à l'ancien rivage ; il est monument national depuis 1973.

Tradition orale

La vie de Mazu, jeune fille de Meizhou qui sauvait les marins, relève de la tradition religieuse chinoise.

Sources et crédits

Singapore Hokkien Huay Kuan (site officiel, histoire du Thian Hock Keng) ; National Heritage Board, Roots.gov.sg, « Thian Hock Keng » et « Former Nagore Dargah » ; UNESCO Asia-Pacific Awards for Cultural Heritage Conservation (2001).

Photographies:

  • La façade du temple Thian Hock Keng sur Telok Ayer Street: Dietmar Rabich, CC BY-SA 4.0.
  • L'ancien Nagore Dargah, à la façade rosée et au minaret élancé: Marcin Konsek, CC BY-SA 4.0.

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