Devant vous se dresse la forteresse la plus célèbre d'Angleterre. Après sa victoire à Hastings en 1066, Guillaume le Conquérant devait tenir Londres, la ville la plus riche du royaume, et il le fit à la normande : avec un château. Vers les années 1070, il lança la grande tour de pierre que vous voyez au centre, la Tour blanche, dans l'angle sud-est du vieux mur romain.
1Une tour pour impressionner
Haute de près de 30 mètres, la Tour blanche dominait un Londres de maisons en bois. Une partie de sa pierre venait de Caen, en Normandie, par-delà la Manche. Son nom n'est apparu qu'au XIIIe siècle, quand Henri III la fit blanchir à la chaux. Ses successeurs ajoutèrent deux enceintes, des tours et le fossé, jusqu'à former la forteresse concentrique d'aujourd'hui.
2Bien plus qu'une prison
La Tour a une réputation de prison, et elle la mérite : en 1483, les deux fils d'Édouard IV, les fameux princes de la Tour, y disparurent, et en 1536 Anne Boleyn fut décapitée dans l'enceinte. Mais pendant des siècles, ce fut aussi une résidence royale, un arsenal, des archives, l'hôtel des monnaies et même un zoo : la ménagerie royale y resta jusqu'aux années 1830. Elle abrite aujourd'hui les joyaux de la Couronne et figure au patrimoine mondial depuis 1988.
L'idée que le royaume tombera si les corbeaux quittent la Tour est une tradition ; rien ne prouve qu'elle soit ancienne.
3Ce qu'il faut observer
- La Tour blanche et ses quatre tourelles, dont une ronde.
- Le fossé, asséché au XIXe siècle et aujourd'hui couvert d'herbe.
- Les hallebardiers (Yeoman Warders) en uniforme bleu et rouge, si l'un d'eux passe près de l'entrée.
Documenté
La Tour blanche a été commencée dans les années 1070 sur ordre de Guillaume Ier ; Anne Boleyn a été exécutée dans l'enceinte en 1536 et le site est inscrit au patrimoine mondial depuis 1988.
Tradition orale
La prophétie des corbeaux, selon laquelle le royaume tombera s'ils quittent la Tour, est une tradition sans fondement documentaire ancien.
Sources et crédits
Historic Royal Palaces, site officiel de la Tower of London ; UNESCO, fiche « Tower of London » ; Geoffrey Parnell, « The Tower of London: Past & Present » (2009).
Photographies:
- La Tour de Londres vue de Tower Hill: APK, CC BY 4.0.
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