Parmi les tombes qui entourent Trinity Church se cachent deux des énigmes les plus curieuses de New York. Aucune n'a de fantôme ; toutes deux ont mieux : des questions sans réponse. On trouve aussi ici la plus ancienne pierre tombale sculptée de la ville, celle de Richard Churcher, un enfant mort en 1681.

1La tombe d'une femme qui n'a peut-être jamais existé

Dans le cimetière nord, une dalle de grès porte un nom : Charlotte Temple. C'est l'héroïne du roman de Susanna Rowson « Charlotte, a Tale of Truth », publié aux États-Unis en 1794 et considéré comme le premier best-seller du pays : une jeune Anglaise séduite par un officier qui l'abandonne enceinte à New York. Rowson affirmait que l'histoire était vraie et que son héroïne reposait ici. Les archives de Trinity elles-mêmes en doutent : aucune preuve. En 1829, un lecteur écrivit à un journal pour demander où se trouvait la tombe, qu'il ne parvenait pas à trouver ; vers 1855, la presse décrivait déjà des foules en larmes devant elle. En 2008, on souleva la dalle : aucun caveau.

La dalle existe ; qui repose dessous, s'il y a quelqu'un, reste un mystère.

2Un message codé

Non loin de là, la pierre tombale de James Leeson, mort en 1794, porte à son sommet une inscription en « chiffre des francs-maçons », un code fait de grilles et de points. Selon une solution publiée en 1889, le message dit simplement « Remember death », souviens-toi de la mort, un avertissement courant sur les tombes de l'époque.

3Ce qu'il faut observer

  • La dalle de Charlotte Temple, avec un creux rectangulaire rebouché au ciment qui a peut-être accueilli une plaque.
  • Les symboles géométriques de la pierre de Leeson, qui forment le message chiffré.
  • La pierre de Richard Churcher, petite et usée, avec des symboles de la mort sculptés.

Documenté

La dalle au nom de Charlotte Temple se trouve dans le cimetière au moins depuis le milieu du XIXe siècle et la pierre de James Leeson (1794) porte une inscription en chiffre maçonnique.

Tradition orale

Qu'une femme réelle ayant inspiré le roman repose sous la dalle de Charlotte Temple est une affirmation de son autrice qu'aucun document ne confirme.

Sources et crédits

Trinity Church Wall Street, « The Mystery of Charlotte Temple » et registres du cimetière ; Meyer Berger, chronique « About New York » dans The New York Times (1957) sur la pierre de Leeson ; Susanna Rowson, « Charlotte Temple », éd. Cathy N. Davidson (Oxford University Press, 1986).

Photographies:

  • Clocher et flèche en pierre sombre de Trinity Church sur Broadway: Elisa.rolle, CC BY-SA 4.0.

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