Regardez bien cette église, si petite qu'elle mesure à peine une douzaine de mètres sur sept et demi. Son nom officiel est Panagia Gorgoépikoos, « la Vierge qui exauce vite », et Agios Eleftherios, mais tout le monde l'appelle la Petite Métropole, à cause de l'immense cathédrale voisine.
1Un puzzle de pierres païennes
Ses murs sont presque entièrement faits de spolia, des pièces de marbre récupérées sur des édifices plus anciens. Au-dessus des fenêtres, on compte environ quatre-vingt-dix reliefs d'époques très différentes, de l'Antiquité à la période byzantine : stèles funéraires, motifs géométriques, animaux fantastiques et, sur la façade principale, une longue frise antique que de nombreux spécialistes interprètent comme un calendrier des fêtes athéniennes, avec des figures évoquant les mois et des signes du zodiaque.
2Des croix sur les dieux
Sur plusieurs reliefs païens, quelqu'un a gravé une croix après coup, comme pour les neutraliser ou les intégrer au nouveau sanctuaire. Personne ne sait avec certitude quand l'église fut construite : on l'a longtemps datée de 1200 environ, à l'époque de l'évêque Michel Choniatès, mais certains chercheurs la placent au XVe siècle. Une vieille tradition la situe sur un sanctuaire d'Ilithyie, déesse des accouchements. Après l'indépendance, entre 1841 et 1863, l'église servit même de bibliothèque publique d'Athènes.
C'est un musée en plein air que personne n'a conçu comme tel.
3Ce qu'il faut observer
- La frise du calendrier au-dessus de la porte ouest, avec ses petites figures alignées.
- Les croix gravées sur des reliefs manifestement plus anciens.
- Les losanges et les rosaces de la façade sud.

Documenté
L'église est presque entièrement bâtie de marbres de remploi, environ quatre-vingt-dix pièces sculptées, et servit de bibliothèque publique de 1841 à 1863 ; sa date de construction reste débattue.
Tradition orale
L'idée qu'elle s'élève sur un temple de la déesse Ilithyie est une tradition ancienne que les fouilles n'ont pas confirmée.
Sources et crédits
Bente Kiilerich, « Making sense of the spolia in the Little Metropolis in Athens », Arte medievale (2005) ; Ministère grec de la Culture, monuments byzantins d'Athènes ; Archevêché d'Athènes, église d'Agios Eleftherios.
Photographies:
- La Petite Métropole, église byzantine en marbre avec sa coupole: Jebulon, CC0.
- Relief de remploi avec un losange et des rosaces sur la façade sud: Francesco Bini, CC BY-SA 4.0.
Vous avez repéré une erreur ? Écrivez-nous et nous vérifierons.
