Devant vous s'ouvrent trois chambres creusées dans la roche. Depuis des siècles, les Athéniens les appellent la prison de Socrate. Il est facile d'y imaginer le philosophe, condamné à mort en 399 av. J.-C. pour impiété et corruption de la jeunesse, conversant avec ses disciples avant de boire la ciguë.

1Ce que disent les textes

Platon raconte les derniers jours de son maître dans le « Criton » et le « Phédon » : Socrate passa un mois enfermé au desmotérion, la prison publique, en attendant le retour de Délos du navire sacré, car pendant son voyage on ne pouvait exécuter personne. Cette prison se trouvait presque certainement près de l'Agora. Les archéologues y ont fouillé, à l'angle sud-ouest, un bâtiment que certains identifient avec elle, où l'on a trouvé de petits flacons que l'on a rapprochés du poison, même si l'identification reste discutée.

2Alors, qu'est-ce que c'est ?

Personne ne le sait avec certitude. On a supposé qu'il s'agissait d'habitations troglodytiques, de bains ou de tombeaux. Le nom de « prison de Socrate » est une tradition moderne, popularisée par les voyageurs. Pendant la Seconde Guerre mondiale, les chambres abritèrent bel et bien un trésor : on les mura de béton pour y cacher des antiquités de l'Acropole et du Musée archéologique national.

Socrate n'a pas dormi ici, mais Athènes y a peut-être sauvé une part de sa mémoire.

3Ce qu'il faut observer

  • Les trois ouvertures et les traces d'outils dans la roche.
  • Les sentiers pavés dessinés par l'architecte Dimitris Pikionis dans les années 1950.
  • La vue sur l'Acropole entre les pins.
Photographie ancienne de la prétendue prison de Socrate
La prétendue prison de Socrate sur une photographie de la fin du XIXe siècle.

Documenté

Il s'agit de chambres taillées dans la roche à la fonction incertaine, utilisées pendant la Seconde Guerre mondiale pour cacher des antiquités ; la prison de Socrate se trouvait aux abords de l'Agora.

Tradition orale

L'identification de ces chambres avec la cellule de Socrate est une tradition sans fondement archéologique.

Sources et crédits

Platon, « Phédon » et « Criton » ; John M. Camp, « The Athenian Agora » (Thames & Hudson, 1986) ; Ministère grec de la Culture, collines de Philopappos, de la Pnyx et des Nymphes.

Photographies:

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