Observez la maison basse et chaulée devant vous. Entre des façades du XIXe et du XXe siècle, elle semble venue d'une autre époque. Et c'est probablement le cas.

1Une maison coloniale rescapée

Ses murs de brique liée à la boue, ses linteaux droits en bois, ses plafonds portés par des poutres de quebracho et de palmier et son toit à deux pans sont typiques de l'architecture coloniale de Buenos Aires. C'est pourquoi on la considère comme l'une des plus anciennes maisons de la ville. On l'a datée des environs de 1730, mais aucun document ne confirme cette date. C'est aujourd'hui un restaurant.

2La légende de Margarita

La tradition du quartier y installe la famille Oliden à l'époque de Juan Manuel de Rosas. Le père, raconte-t-on, était sergent de la Mazorca, la redoutable police politique du régime, et avait promis sa fille Margarita au chef mazorquero Ciriaco Cuitiño. Mais elle aimait un payador, un chanteur improvisateur, Juan de la Cruz Cuello.

Enfermée dans sa chambre jusqu'au mariage, Margarita se serait échappée par un puits donnant sur un tunnel de contrebandiers, qui débouchait à la paroisse San Pedro Telmo. L'histoire connaît deux fins : dans l'une, son propre père la tue ; dans l'autre, elle meurt d'une balle perdue quand Cuitiño rattrape les amants.

On dit que les rosiers du patio ne refleurirent jamais et que le sergent n'ouvrit plus jamais ses fenêtres.

Aucune archive ne confirme l'existence de Margarita ni de son payador. Cuitiño, en revanche, a bien existé.

3À observer

  • La fenêtre en arc et ses barreaux tout simples.
  • Le toit de tuiles à deux pans, rare dans cette rue.
  • Les murs chaulés, face aux façades ornées des voisins.
Photographie ancienne de la maison du 319 Carlos Calvo vers 1930
La maison vers 1930, d'après l'Archivo General de la Nación.

Documenté

La maison conserve des techniques de construction coloniales ; sa date exacte de construction n'est pas documentée.

Tradition orale

L'histoire de Margarita Oliden, de son payador et de sa fuite par un tunnel est une légende du quartier sans appui dans les archives.

Sources et crédits

Billiken, « Esta podría ser la casa más antigua de Buenos Aires aún en pie » (2023) ; Office du tourisme de la Ville de Buenos Aires, « San Telmo » ; Daniel Schávelzon, Arqueología de Buenos Aires (Emecé).

Photographies:

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