Levez les yeux vers cet enfant doré et dodu. C'est le Golden Boy de Pye Corner, une figure en bois du XVIIe siècle qui marque l'endroit où le Grand Incendie de 1666 s'est arrêté. Son inscription avance une explication inattendue : le feu, parti de Pudding Lane et éteint à Pye Corner, aurait été un châtiment du péché de gourmandise. C'est pourquoi, dit la plaque, l'enfant est si gros.

1Les voleurs de cadavres

La statue ornait la façade de la taverne Fortune of War, démolie en 1910. D'après les chroniqueurs, c'était le repaire des « résurrectionnistes », qui déterraient les cadavres pour les vendre aux chirurgiens de l'hôpital Saint-Barthélemy, à deux pas d'ici.

2Le fantôme qui frappait

Regardez maintenant la rue qui part sur le côté : Cock Lane. En 1762, tout Londres parlait d'une maison de cette rue où l'on entendait, la nuit, des coups et des grattements. Le propriétaire, William Parsons, affirmait qu'il s'agissait de l'esprit de Fanny Lynes, une ancienne locataire morte de la variole, qui accusait son veuf de l'avoir empoisonnée. Les foules accoururent, jusqu'à des nobles, pour écouter le fantôme, surnommé « Scratching Fanny », Fanny la gratteuse.

Une commission dont faisait partie l'écrivain Samuel Johnson conclut à une supercherie.

C'était la fille de Parsons, âgée d'environ onze ans, qui produisait les coups. Parsons fut condamné pour complot et exposé au pilori.

3Ce qu'il faut observer

  • L'enfant doré et son ventre « prodigieusement gros ».
  • L'inscription de la plaque du dessous.
  • La plaque de Cock Lane, la rue du fantôme.

Documenté

La figure date de la fin du XVIIe siècle et marque la fin de l'incendie de 1666 ; la supercherie du fantôme de Cock Lane a été démasquée en 1762 et William Parsons condamné.

Tradition orale

L'idée que l'incendie ait puni la gourmandise est la morale de l'inscription, pas une explication historique ; le fantôme de Cock Lane s'est révélé une supercherie.

Sources et crédits

Historic England, fiche 1286479 « Golden Boy of Pye Corner » ; Douglas Grant, « The Cock Lane Ghost » (1965) ; James Boswell, « Life of Samuel Johnson » (1791).

Photographies:

  • Le Golden Boy de Pye Corner, enfant doré à l'angle de Cock Lane: The wub, CC BY-SA 4.0.

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