Bienvenue à La Ronda, terme de l'itinéraire. Son nom officiel est rue Juan de Dios Morales, en mémoire du patriote assassiné en 1810, mais personne ne l'appelle ainsi. Elle est étroite et sinueuse parce qu'elle suit le bord d'un ancien ravin, comblé quand la ville s'est agrandie.
1Bohème, pasillos et mots de passe
Au début du XXe siècle, La Ronda se remplit de peintres, de poètes et de musiciens. On y entendait des sérénades et des pasillos, la chanson mélancolique de Quito. On raconte que, dans la cave d'une boutique, fonctionnait un bar secret, le Murcielagario, où l'on n'entrait qu'en donnant un mot de passe.
Puis vint le déclin : à la fin du XXe siècle, la rue avait mauvaise réputation. Depuis 2006, la municipalité l'a réhabilitée, et elle a retrouvé ses musiques, ses ateliers et ses dîners. Du jeudi au samedi soir, l'ambiance est animée ; en repartant, restez dans les rues fréquentées ou prenez un taxi.
2La Vierge ailée
Levez les yeux : sur la colline du Panecillo se dresse la Vierge de Quito, une statue d'aluminium faite de milliers de pièces, œuvre de l'Espagnol Agustín de la Herrán Matorras, inaugurée dans les années 1970. Elle reproduit à échelle géante une petite sculpture de Bernardo de Legarda datée de 1734 : une Vierge ailée qui enchaîne un serpent.
La colline s'appelait Yavirac et, selon le jésuite Juan de Velasco, elle portait un temple du Soleil. Certains voient dans le serpent sous les pieds de la Vierge le triomphe sur cette ancienne huaca.
3Ce qu'il faut observer
- La Vierge du Panecillo, au bout de la rue.
- Les plaques des façades, qui rappellent d'illustres habitants de la rue.
- Un canelazo, la boisson chaude à la cannelle et à la naranjilla servie dans ses bars.

Documenté
La Ronda porte officiellement le nom de Juan de Dios Morales, fut un quartier bohème au XXe siècle et a été réhabilitée à partir de 2006 ; la Vierge du Panecillo reproduit une sculpture de Bernardo de Legarda de 1734.
Tradition orale
Le bar secret à mot de passe et le temple du Soleil du Yavirac proviennent de témoignages et de chroniques non vérifiés ; voir dans le serpent une victoire sur la huaca est une interprétation.
Sources et crédits
Instituto Metropolitano de Patrimonio de Quito (réhabilitation de La Ronda) ; Juan de Velasco, « Historia del Reino de Quito » (1789) ; Quito Turismo (visitquito.ec), fiches de La Ronda et du Panecillo.
Photographies:
- Rue La Ronda, étroite et pavée, bordée de maisons colorées à balcons: Diego Delso, CC BY-SA 4.0.
- Rue du centre de Quito avec la Vierge du Panecillo sur la colline au fond: Martín Vasco, CC BY-SA 4.0.
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