Devant vous s'élève la basilique du Vœu national, la plus grande église néogothique d'Amérique, à en croire les Quiténiens. On dirait une cathédrale française transplantée dans les Andes, et ce n'est pas un hasard : l'architecte Emilio Tarlier s'est inspiré de Notre-Dame de Paris. Avant de poursuivre, reprenez votre souffle ; cette montée, à 2 850 mètres, se fait sentir.
1Le vœu de tout un pays
En 1874, sous le gouvernement de Gabriel García Moreno, l'Équateur fut officiellement consacré au Sacré-Cœur de Jésus. Pour en garder la mémoire, le prêtre et député Julio Matovelle proposa en 1883 d'élever un grand sanctuaire. La première pierre fut posée en 1892 et le chantier financé en partie par un impôt sur le sel et par les dons des fidèles, qui pouvaient faire graver leur nom sur les blocs de pierre. Les messes commencèrent dans la nef en 1924, mais l'église ne fut consacrée qu'en 1988.
2La basilique inachevée
Il manque encore des statues dans de nombreuses niches et des blasons dans les médaillons des façades. De là vient la croyance la plus célèbre de l'édifice.
Selon la tradition populaire, le jour où la basilique sera terminée, le monde prendra fin. Une autre version, plus patriotique, affirme que c'est l'Équateur qui disparaîtra.
Ce n'est bien sûr qu'une croyance, mais bien des Quiténiens la racontent en souriant chaque fois qu'ils aperçoivent un échafaudage.
3Des monstres qui n'en sont pas
Au lieu de démons, les gargouilles représentent des animaux de l'Équateur : iguanes, tortues, tatous, singes ou caïmans. Sur la plus haute tour, ce sont des condors qui montent la garde.
4Ce qu'il faut observer
- Les gargouilles animales des angles et des contreforts.
- Les deux tours de la façade, hautes d'environ 80 mètres.
- Les niches vides, preuve que le chantier reste ouvert.

Documenté
La basilique commémore la consécration de l'Équateur au Sacré-Cœur (1874) ; sa première pierre fut posée en 1892 et elle fut consacrée en 1988, alors que de nombreuses statues manquent encore.
Tradition orale
L'idée que le monde, ou l'Équateur, prendra fin le jour où la basilique sera achevée est une croyance populaire sans le moindre fondement.
Sources et crédits
Basílica del Voto Nacional (Misioneros Oblatos de los Corazones Santísimos) ; Instituto Metropolitano de Patrimonio de Quito ; Alfonso Ortiz Crespo, études sur l'architecture du centre historique de Quito.
Photographies:
- Basilique du Vœu national, église néogothique grise aux deux hautes tours: Maros Mraz, CC BY-SA 3.0.
- Gargouilles en forme d'animaux sur un mur de la basilique du Vœu national: Ranoutofusername, CC0.
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