À l'heure pile, une mélodie de trompette tombe du haut de la grande tour. Elle retentit quatre fois, une vers chaque point cardinal : vers le Wawel, vers l'hôtel de ville, vers la Barbacane et vers la Mały Rynek. Et elle s'interrompt toujours au milieu d'une note.

1La flèche tatare

Selon la légende, en 1241, quand les Mongols attaquèrent Cracovie, un guetteur vit arriver l'ennemi et donna l'alerte. Une flèche lui transperça la gorge avant la fin, et depuis la mélodie s'interrompt en son honneur. L'invasion de 1241 est bien réelle et ravagea la ville ; la flèche, en revanche, n'apparaît dans aucune source médiévale. Le récit fut publié pour la première fois en 1928, dans le roman jeunesse américain « Le Trompettiste de Cracovie » d'Eric P. Kelly ; selon la Wikipédia polonaise, c'est une Cracovienne, Aniela Pruszyńska, qui le lui avait raconté lors d'un dîner.

Ce qui est documenté est autre chose : les comptes municipaux de 1392 paient déjà un trompettiste dans cette tour, qui servait de tour de guet. Depuis 1927, la radio polonaise diffuse le hejnał chaque midi, et ce sont aujourd'hui des pompiers de Cracovie qui le jouent.

2Les deux tours

La tradition raconte que deux frères les construisirent. Voyant que la tour de l'autre serait plus haute, le cadet le tua d'un coup de couteau puis, rongé de remords, se jeta dans le vide. En réalité, elles diffèrent parce qu'elles avaient des fonctions différentes : la haute, d'environ 80 mètres, était la tour de guet de la ville et reçut sa flèche en 1478 ; la basse, d'environ 69 mètres, est le clocher.

L'invasion est réelle ; le trompettiste blessé est une histoire du XXe siècle.

3À observer

  • La couronne dorée au sommet de la haute tour, posée en 1666.
  • La fenêtre du trompettiste, qui salue le public à la fin.
  • La différence entre les tours : flèche gothique contre dôme Renaissance.

Documenté

Les comptes de 1392 rémunérant un trompettiste, l'invasion mongole de 1241, la flèche de 1478 et les retransmissions radio depuis 1927 sont documentés.

Tradition orale

La flèche qui tua le trompettiste et le fratricide des deux frères bâtisseurs sont des légendes ; la première n'apparaît par écrit qu'en 1928.

Sources et crédits

Wikipédia en polonais, « Hejnał mariacki » ; Eric P. Kelly, « The Trumpeter of Krakow » (1928) ; Bazylika Mariacka, site officiel (mariacki.com).

Photographies:

Vous avez repéré une erreur ? Écrivez-nous et nous vérifierons.