Devant vous se dresse la porte Zhèngyángmén, « la porte du soleil au zénith », que les Pékinois appellent simplement Qiánmén, « la porte de devant ». Ce sont aujourd'hui deux édifices séparés par une avenue, mais il y a un siècle encore ils formaient une seule forteresse.

1Une porte pour l'empereur

Elle fut construite en 1419, lorsque l'empereur Yongle transféra la capitale à Pékin. Au nord s'élevait la tour de la porte ; au sud, la tour des archers, hérissée de meurtrières ; et entre les deux, une cour fermée de murailles, la barbacane. Le passage central ne s'ouvrait guère que pour l'empereur lorsqu'il se rendait au temple du Ciel. Avec ses 42 mètres, la tour de la porte était la plus haute de toute l'enceinte.

2Dedans et dehors

Cette porte séparait deux villes. À partir de 1648, les Qing réservèrent la ville intérieure aux bannières mandchoues, et la population han dut s'installer au-dehors. C'est pourquoi, au sud de Qianmen, se multiplièrent marchés, théâtres et auberges. En 1900, les deux tours brûlèrent ; elles furent reconstruites peu après. En 1915, on ouvrit la barbacane à la circulation et la tour des archers reçut les balcons et les arcs blancs que vous voyez aujourd'hui.

L'axe central de Pékin passe au milieu de cette porte : il file vers le nord par Tian'anmen et la Cité interdite jusqu'aux tours du Tambour et de la Cloche.

3Ce qu'il faut observer

  • Les arcs blancs au-dessus des meurtrières de la tour des archers, ajoutés lors des travaux de 1915.
  • La tour de la porte, avec sa charpente peinte en rouge.
  • La plaque du kilomètre zéro des routes de Chine, au sol près de la porte.
La tour des archers de Qianmen, en brique grise, percée de rangées de meurtrières surmontées d'arcs blancs
La tour des archers, au sud de la porte, avec les arcs blancs ajoutés en 1915.

Documenté

Zhengyangmen fut construite en 1419, brûla en 1900, fut remaniée en 1915 ; c'est la seule porte de la muraille intérieure à conserver à la fois sa tour et sa tour des archers.

Sources et crédits

UNESCO, « Axe central de Beijing : un ensemble de bâtiments illustrant l'ordre idéal de la capitale chinoise » (2024) ; Bureau du patrimoine culturel de Pékin, fiche de Zhengyangmen ; L. C. Arlington et William Lewisohn, « In Search of Old Peking » (1935).

Photographies:

  • La tour de la porte Zhengyangmen, aux colonnes rouges et aux trois avant-toits verts sur une base de brique grise: TarnishedPath, CC BY-SA 4.0.
  • La tour des archers de Qianmen, en brique grise, percée de rangées de meurtrières surmontées d'arcs blancs: Morio, CC BY-SA 3.0.

Vous avez repéré une erreur ? Écrivez-nous et nous vérifierons.